 PARIS (AFP) - Les jeux dangereux se développent chez les enfants et les adolescents, avertit un colloque sur la prévention des conduites à risque, puisque, selon certaines estimations, un collégien sur huit a participé à "un jeu d'asphyxie" et autant à "un jeu d'agression".
Le thème des jeux dangereux et des pratiques violentes a été le premier abordé mardi à la "Rencontre de l'Education nationale pour la santé" à la Sorbonne, consacrée à la "prévention des conduites à risque chez les élèves et les étudiants". Selon Grégory Michel, maître de conférences à l'université de Tours et directeur de plusieurs études, "les cours de récréation deviennent le théâtre de jeux dangereux que certains enfants et adolescents recherchent ou subissent". "Il y a deux types de jeux: des jeux d'attaque qui se définissent par une violence perpétrée par un groupe de jeunes à l'encontre d'un enfant ou d'un adolescent", a-t-il expliqué, et "les jeux de non-oxygénation comme le +jeu du foulard+". Les études évaluent à 12,25% la proportion de collégiens ayant participé au premier type de jeu, et à 12,5% la proportion de ceux ayant pratiqué le second. Les jeux d'agression, comme le "happy slapping" (agression par surprise) ou "le jeu de la canette" (frapper le participant qui laisse passer entre ses jambes une canette utilisée comme ballon), se caractérisent par "l'utilisation d'une violence un peu gratuite vis-à-vis d'une victime" désignée, a souligné Grégory Michel. "Il y a souvent dans les jeux d'agression une sorte de leader". En revanche, dans le second type, "il y a une recherche de limite, de frontière entre la vie et la mort. Ils se mettent dans une situation où ils peuvent potentiellement mourir", a souligné le chercheur, en citant le "jeu du foulard" et ses variantes, qui consistent à réduire l'irrigation du cerveau afin d'éprouver des sensations intenses, mais aussi le "jeu de l'autoroute", qui impose de traverser une artère très fréquentée. "C'est une sorte de rite de passage entre l'enfance et l'âge adulte", a-t-il estimé. "Généralement, ce sont plutôt les plus âgés qui transmettent ça aux plus jeunes. Le jeu du foulard commence ainsi à apparaître en primaire, alors qu'il était plutôt concentré dans les collèges" jusqu'ici. "L'initiation se fait toujours en groupe. Là où cela devient dangereux, c'est quand la pratique se fait à la maison, tout seul", a-t-il ajouté. Le ministère de l'Education nationale ne dispose pas de statistiques sur le nombre de décès liés à cette pratique. Mais Magali Duwelz, fondatrice de l'association SOS Benjamin, dont le fils a succombé en 1995 après s'être pendu à l'essuie-mains des toilettes de son école, affirme dans son livre "Alerte aux jeux dangereux", paru à la rentrée 2006, que "206 enfants sont morts de ces jeux dangereux dans le monde par défi, recherche de sensations nouvelles et d'expériences fortes. Ce fléau est en augmentation".
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