 Créée en 2004, l’association Bat l’leptospirose qui a tenu son assemblée générale à Saint-Pierre samedi, continue d’informer le public sur cette maladie encore trop à l’origine d’au moins cinq décès depuis le début de l’année.
“Yoann est mort à 21 ans, le 24 mai 2002, parce que son cas a été mal diagnostiqué. Il a commencé par avoir de la fièvre et des frissons. Alors on a d’abord cru à une grippe mais le médecin a dit que c’était la dengue et lui a donné un traitement. Mais au bout de quatre jours son état a empiré. Les analyses ont révélé que mon fils était atteint d’une forme grave de la leptospirose qui a provoqué une hémorragie des poumons. Nous ne connaissions pas cette maladie à l’époque. Au total, il a fait dix-neuf jours dans le coma”, raconte Nadia Boyer.
“TOUT LE MONDE PEUT L’AVOIR”
“Quand je disais aux gens que mon fils était mort, ils pensaient tout de suite à un accident mais je leur expliquais que c’était la leptospirose, une maladie liée à l’urine de rat ils nous disaient : “Mais alors, vous vivez avec les rats !”. Mais ce n’est pas obligé qu’on soit sale, il y a des rats partout. Tout le monde peut l’avoir”. Constatant le manque d’informations dont dispose le public, Nadia Boyer mobilise son entourage afin de créer une association, Bat l’leptospirose, qui voit le jour en 2004. Elle s’est donné pour objectif d’informer sur la maladie et les moyens de s’en prémunir mais aussi de développer des espaces d’échange et d’entraide pour les victimes et leurs familles. Malheureusement, si beaucoup de gens ont déjà contacté l’association pour se renseigner, rares sont ceux qui acceptent de témoigner et partager leur expérience comme le souligne Ghislaine Laï-Man, la présidente de l’association qui déplore que “le sentiment de honte qui entoure la leptospirose reste un frein à la sensibilisation”.
DES GESTES SIMPLES POUR SE PROTÉGER
Or, l’association insiste sur le fait que nul n’est à l’abri de cette maladie dès l’instant où il y a eu contact avec de l’eau souillée par des excréments de rats ou des rats morts. On peut se trouver infecté en se baignant dans un bassin, en passant dans un champs ou simplement chez soi, si les rats y ont élu domicile. Les membres de l’association on profité de la présence de représentants des communes du Tampon, de Saint-Benoît et du maire de Saint-Pierre pour leur demander quelles actions ces municipalité avaient prévu de mener. Michel Fontaine, le maire de Saint-Pierre a commencé par préciser que les premiers signes de la maladie ressemblaient fort à ceux du chikungunya et que de fait il est très probable que des décès imputés au chik étaient en réalité dus à la leptospirose. Le maire a ensuite reconnu que les collectivités avaient “un gros travail à faire” et a annoncé qu’une vaste campagne de dératisation doit être lancée dès aujourd’hui dans sa commmune (lire page 18), au cours de laquelle, des kits seront remis gratuitement aux habitants toute cette semaine. Reste que si la leptospirose entraîne des complications, en particulier au niveau des reins, du foie et des poumons, potentiellement mortelles, elle peut tout à fait être soignée si elle est diagnostiquée à temps. L’association s’attache d’ailleurs à développer et à vulgariser les méthodes de prévention et de lutte contre la maladie et projette d’éditer une plaquette informative. De simples gestes permettent déjà de limiter au maximum la contamination comme le fait de porter des gants et des bottes pour les travaux des champs ou du jardin, laver les fruits et les légumes ramassés par terre avant de les manger, bien se laver les mains... Actuellement, le principal souci de l’association reste le manque de moyens financiers car les demandes de partenariat adressées aux collectivités sont restées sans réponse et aucune subvention ne lui a pour l’instant été versée pour lui permettre de continuer efficacement son action.
source: clicanoo.com
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