 Ils « demandent à comprendre ». Thomas Ducourtioux et son épouse, jeunes parents d'un bébé de 16 mois, viennent de porter plainte contre l'hôpital de Meaux pour « négligence médicale » après l'hospitalisation en novembre de leur fils, pour des problèmes respiratoires. Dans leur ligne de mire : le médecin du service de pédiatrie qui a prescrit au petit Noah, à sa sortie d'hospitalisation le 1 e r décembre 2006, des corticoïdes à inhaler avec une posologie correspondant à un traitement pour adulte.
Repérée par le pharmacien de la famille, l'erreur a été rectifiée et n'a donc pas eu de conséquences sur la santé du bambin. Mais le père ne décolère pas. Et attend avec impatience l'issue de l'enquête ouverte le 2 août par le commissariat de Meaux, sur instruction du parquet. « Ce n'est pas parce que mon fils est indemne que ce genre de bourde est acceptable », martèle Thomas Ducourtioux. « Je veux qu'on m'explique pourquoi le médecin s'est trompé si lourdement, puisque personne jusqu'ici n'a pris la peine de le faire. »
Au lendemain des faits, le jeune père en colère avait déposé une main courante au commissariat, écrit au procureur de la République et au maire de Meaux Jean-François Copé, également président du conseil d'administration de l'hôpital. Une réponse, accusant réception de son courrier, lui est parvenue fin décembre de la part du service municipal d'aide aux victimes. Et ces derniers jours le commissariat a enregistré une plainte officielle du pére et de la mère de Noah. A l'hôpital de Meaux, on jure « ne pas avoir été informés » de l'enquête en cours.
S'il avait pris le traitement prescrit par le médecin en cause, le bébé alors âgé de 8 mois risquait « une aggravation de son affection respiratoire, sans mise en danger de sa vie », indique le pharmacien de Meaux qui, le 1 e r décembre 2006, a reçu des mains de Thomas Ducourtioux la prescription pour trois mois de « Flixotide 250 µg ». Selon le dictionnaire des médicaments Vidal, la dose conseillée pour un enfant de cet âge est cinq fois inférieure. Le docteur André Deseur, vice-président de la section exercice professionnel au Conseil national de l'ordre des médecins (Cnom), juge quant à lui cette prescription « illogique ». « Qu'elle soit due à une incompétence ou à une inattention, cette prescription inadaptée dans sa durée et son dosage constitue à première vue une faute, du point de vue de la déontologie professionnelle ».
Une dose cinq fois supérieure à la normale
Une faute passible, devant la chambre disciplinaire de première instance du Cnom, d'un blâme voire d'une suspension provisoire du droit d'exercer la médecine. En vertu du Code de la santé publique, le Cnom ne peut cependant pas s'autosaisir d'un tel dossier, dans la mesure où le praticien mis en cause relève d'un hôpital public. Seuls le procureur de la République, la Ddass (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales) ou la direction régionale de l'hospitalisation pourraient demander la saisine de la chambre professionnelle des médecins.
http://www.leparisien.com/home/maville/seineetmarnenord/articles.htm?articleid=276166031
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