 Partout où les cours ont repris, les autorités multiplient les actions de prévention devant les écoles. A Sion, la police est même concrètement passée à l'action
A chaque rentrée scolaire ses dangers... Alors que l'école a repris hier dans les cantons du Valais, de Neuchâtel et du Jura, les parents chauffeurs sont montrés du doigt. Le trafic dû aux allées et venues pour conduire et déposer les enfants en voiture devant les écoles inquiète. Au point qu'outre-Sarine une députée écologiste zurichoise a déposé, hier, dans son canton, un postulat visant à interdire toute circulation autour des centres scolaires.
Deux routes fermées
Douce utopie? Pas seulement, à en croire les toutes nouvelles dispositions prises par la police municipale de Sion. Hier, deux rues bordant une école du centre-ville ont été fermées à la circulation à l'heure de la sortie des classes. «Les élèves de cet établissement sont passés de 150 l'année dernière à 500 cette année, explique Pierre Rossier, commissaire de la police municipale. Il a fallu réagir, d'autant qu'on s'est rendu compte qu'une bonne partie des familles avaient pris la mauvaise habitude de conduire les enfants jusque devant l'entrée de l'école.» Conséquence: les deux rues condamnées le resteront durant toute la semaine, à l'issue de laquelle un premier bilan sera établi.
Dans tous les cantons, les dangers que font courir les parents chauffeurs aux écoliers piétonniers sont, lors de chaque début d'année scolaire, l'occasion d'une campagne de prévention. Stationnements illégaux sur les passages piétons, arrêts en double file, enfants qui courent vers la voiture parquée de l'autre côté de la rue... Selon le Bureau suisse de prévention des accidents, 16% des enfants accidentés sur la route le sont sur le chemin de l'école. «Nous demandons aux parents d'aller parquer plus loin, dans les espaces prévus pour, et de cheminer jusqu'à l'école avec leurs enfants en leur expliquant que le chemin le plus sûr n'est pas forcément le plus court», expose Fernand Copt, responsable de la prévention routière à la police cantonale valaisanne. Policiers, patrouilleurs et auxiliaires postés aux abords des écoles ou stands montés dans les centres commerciaux: toutes les méthodes sont bonnes pour dialoguer avec les parents taximen qui se justifient (lire ci-contre). Les non-automobilistes sont aussi concernés: «Ça fait mal de voir des parents qui viennent chercher leurs enfants à pied, mais en traversant en dehors des passages piétons. Ils fichent en l'air le travail de prévention qu'on fait dans les classes», déplore Daniel Ducry, en charge de la prévention routière à la police municipale de Lausanne.
L'exemple des Pédibus
Pour montrer l'exemple et responsabiliser l'écolier appelé à prendre conscience des dangers de la route, les autorités misent beaucoup sur les Pédibus. Lancé à Lausanne en 1999 et dans le canton de Neuchâtel dès 2000, ce service de ramassage scolaire piétonnier, assumé par des parents d'élèves qui se relaient, semble faire ses preuves. Quinze «lignes» de Pédibus assuraient le transport quotidien de 200 écoliers lausannois durant l'année 2006-2007. A Neuchâtel, on comptabilise 12 parcours répartis dans tout le canton. En profitent quelque 220 enfants guidés par... 190 parents.
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