 L'affaire a fait la "une" de toute la presse allemande, samedi 8 septembre. Après six ans d'enquête et trois ans d'un procès à rebondissements, le tribunal de grande instance de Sarrebruck, en Allemagne, a relaxé vendredi, estimant n'avoir pas de preuves suffisantes, douze personnes accusées du viol et de l'assassinat d'un petit garçon de cinq ans, Pascal, dont le corps n'a jamais été retrouvé. Le parquet, qui a décidé de faire appel, avait requis le 23 août la réclusion à perpétuité pour cinq des accusés et des peines de prison de plusieurs années pour six autres.
"Cet acquittement constitue un jour noir pour les enfants victimes de sévices", a réagi l'association Kinderhilfe (Aide aux enfants). Toutefois, les éditorialistes soulignent, quasi unanimes, que dans un Etat de droit le doute doit profiter à l'accusé. "L'acquittement est difficilement supportable, écrit le quotidien libéral de Munich Süddeutsche Zeitung, mais il est juste." Même opinion dans le journal conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui regrette, d'autre part, que le président du tribunal se soit cru obligé de rappeler toutes les charges pensant sur les accusés tandis qu'il prononçait l'acquittement. Le quotidien populaire Bild Zeitung (7 millions d'exemplaires) se garde de prendre position, mais rappelle le principe de la présomption d'innocence
L'accusation reposait sur les témoignages de plusieurs des accusés, qui se sont ensuite rétractés. Le petit Pascal aurait été entraîné dans un bistrot de quartier tenu par une femme, Christa W., soupçonnée de l'avoir livré à quatre clients qui l'ont violé tour à tour dans une arrière-salle, moyennant finances. Une autre femme, Andrea A., employée du bistrot, aurait tué l'enfant accidentellement avec un oreiller pour étouffer ses cris. "Le doute reste, mais sur un doute on ne peut condamner personne", a déclaré le président.
Source : lemonde.fr
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