Les adultes s'inquiètent trop pour les ados
Date: Jeudi 22 mai 2008 à 17:15:44
Sujet: Actualité


Leurs parents, leurs profs les voient angoissés, mal dans leur peau. En réalité, à les entendre, les adolescents se portent plutôt bien.

Avant tout, il y a une bonne nouvelle. À une grande majorité, les adolescents disent qu'ils vont bien, si l'on en croit les résultats du sondage « Le baromètre bien-être » réalisé par Ipsos pour la Fondation Wyeth. Une enquête, menée en mars auprès de 850 adolescents, 600 professeurs et 200 infirmières scolaires.

Demandeurs d'éducation à la santé

Pour Laïla Idtaleb (Ipsos-Santé), il y a seulement « une frange de 6% des adolescents qui rassemblent des indicateurs négatifs et qui est à surveiller ». Certains, « en grande souffrance, nécessitent une prise en charge professionnelle », souligne Caroline Thompson, thérapeute familiale à l'hôpital de la Salpétrière (Paris). C'est chez les jeunes de 18 ans que le mal-être est le plus présent. Les ados qui vont mal sont aussi, souvent, ceux qui ont le moins de dialogue avec les adultes.

Ce qui étonne dans cette enquête, c'est le décalage entre cette bonne santé mentale affichée par les ados eux-mêmes et la façon dont les adultes les voient. Ainsi, 19% des adolescents disent être mal dans leur peau, tandis que 72% des adultes pensent qu'ils le sont; 72% des jeunes sont le plus souvent satisfaits de ce qui leur arrive, mais seulement 35% des adultes le pensent. Près de 80% des ados disent parler facilement avec leurs parents alors que seulement 3% des enseignants et 1% des infirmières scolaires croient que tel est le cas. 87% des ados ont le sentiment de savoir à qui s'adresser, en cas de difficulté; seulement un enseignant sur deux en est persuadé.

S `ils vont bien, commente Caroline Thompson, les adolescents vivent néanmoins « ce malaise spécifique de cette période de la vie qui est une période de transition. Ce qui prédomine, c'est le sentiment de flottement et d'incertitude : les adolescents ont souvent du mal à choisir une voie et à s'engager ».

Un ado sur deux ressent « un sentiment de pression » venant de l'école ou de la famille. 42% déclarent qu'ils n'abordent pas les questions touchant à leur moral avec les adultes. Avec leurs parents, beaucoup ont du mal à parler de leur santé, de leur vie amoureuse.

Pourtant, une majorité (73%) sont demandeurs d'une « éducation à la santé ». Ils veulent qu'ont les informe, mais en respectant leur intimité, sans leur donner de leçon de morale. 87% estiment que l'on devrait se préoccuper davantage des tentatives de suicide.
 
source: ouest france








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